La Clarification comme relation d′aide
(Salon RETREZ ZEN, Paris, 9 septembre 2004)
Bonjour et bienvenus!
Je vais parler en anglais et mon ami, M. Schmalzer, va traduire. Je m’appelle Desimir Ivanović et je viens de Serbie. Je suis clarificateur et formateur. Je travaille en clarification, en formation, en supervision et je travaille dans toute l’Europe centrale et de l’Ouest.
Depuis les 10 dernières années je suis venu très régulièrement en France, hélas, je ne parle pas encore suffisamment français.
Le sujet que je vais aborder, c’est la clarification en tant que relation d’aide. Je vais vous montrer comment la clarification, en tant que système de psychothérapie et de développement personnel, aide les personnes à agrandir leur capacité.
Je vais commencer par expliquer des choses très simples, puis des choses un peu plus compliquées, pour montrer comment la clarification peut apporter des bénéfices aux clarifiants, aux clients.
(Je terminerai un peu avant la fin des 50 minutes, comme ça, si vous avez des questions, vous pourrez les poser à ce moment-là. Je vous signale tout de suite qu’il y a un stand, numéro A 26, sur lequel vous pouvez obtenir des informations sur la clarification et sur les activités des clarificateurs en France. Vous avez aussi un peu de documentation ici sur la table, dont vous pourrez vous servir tout à l’heure. J’utiliserai aussi le tableau-papier pour marquer quelques informations.)
La première étape dans une session de clarification, la première étape d’aide, pour moi, c’est d’établir une communication, établir le contact.
Et que signifie « établir le contact ? » Et comment peut-on savoir que le contact est établi ? C’est une chose qu’on entraîne danas la formation des clarificateurs : on entraîne la capacité à savoir, reconnaître quand un contact est établi et quand il ne l’est pas.
Je vais vous donner quelques éléments, quelques exemples, pour vous montrer ce que nous considérons comme du contact. Quand nous parlons de contact, nous considérons l’idée de mettre notre attention sur un autre.
Durant la formation, les étudiants sont entraînés, sont formés à garder, à la fois, leur attention sur leur corps et leur propre présence et donner leur attention complète à un autre.
Ensuite, nous enseignons aux étudiants : « Soyez seconds ! Mettez-vous au second plan ! Apprenez à laisser le clarifiant à être actif, être au premier plan ! »
Nous considérons que la règle numéro 1 en clarification c’est que le rôle central est sur le client et pas sur le thérapeute.
Un autre élément qu’on enseigne aux étudiants c’est d’être ouvert et de ne formuler, de ne concevoir aucun jugement à l’égard des clients.
Dans l’approche de la clarification nous considérons que le client est une personne parfaite dans son essence et le processus d’aide c’est de comprendre comment cet univers de l’autre fonctionne et quels sont les sabotages, les blocages qui empêchent le client d’utiliser les pleines potentialités de son univers. Et on apprend aussi à aider le client à developper sa capacité, à utiliser son plein potentiel.
En clarification, quand on dit « placer son attention sur un autre », c’est important de savoir où on place son attention.
En clarification, ce qu’on appelle « individu », c’est la partie centrale d’une personne. Alors, quand on dit « placer son attention », « comprendre un autre », c’est placer son attention sur cette partie essentielle, fondamentale de l’autre. Alors, il ne s’agit pas de se centrer sur des complexes, sur des problèmes, sur des difficultés de l’autre, mais se centrer sur l’essence même d’un individu.
Nous décrivons cette essence même de l’individu comme sa capacité à choisir, sa capacité à faire des choix. Donc, dans la philosophie de la clarification, cette capacité, cette partie centrale, fondamentale de l’individu, c’est cette capacité à faire des choix.
Et si on veut donner une définition très succincte de la clarification, et bien, la clarification c’est aider l’autre à augmenter sa capacité à prendre des décisions par lui-même.
Nous considérons que lorsqu’une personne fait plus souvent des choix par elle-même, elle fonctionne mieux dans la vie.
Et le domaine dans lequel nous réussissons le mieux dans la vie, c’est, généralement, le domaine dans lequel nous avons la plus grande capacité à faire des choix.
Alors, si vous prenez des notes à propos de cette conférence, voilà une chose que vous pouvez noter : prenez souvent des décisions, faites plus souvent des choix pour votre vie !
Un autre aspect auquel nous accordons de l’importance dans une session, c’est ce qu’on appelle l’alliance.
Le client est plus ou moins souvent dans un état d’isolement. Parfois, le client peut se retrouver très près d’être comme dans une capsule. Et c’est difficile de l’inviter à entrer en communication et en coopération. C’est un peu comme si nous accordions plus de confiance à notre mental qu’à notre capacité de relations avec les autres. C’est un peu comme si le destin nous avait condamné à nous isoler et à faire plus confiance à notre mental qu’à notre capacité, à notre confiance dans la relation avec les autres. C’est difficile de faire des progrès si on est isolés et enfermés dans sa propre capsule.
Donc, une grande question danas la session, c’est comment inviter le clarifiant à entrer en relation, à sortir de sa capsule et à communiquer avec le clarificateur. Parfois, le client parle trop, parfois, le client parle trop peu et on a la difficulté à obtenir quelques mots, quelques réponses de sa part.
Donc, une grande partie de travail et de la responsabilité dans la session, c’est de trouver comment entrer en communication, en relation avec le client. Parfois, pour donner un exemple simple, faire une petite démonstration de la façon dont on peut procéder, et bien, on peut prendre un livre, la, comme Desimir l’a fait, le déplacer, et demander au client de faire la même chose. Ou parfois, on peut simplement demander au client « pose ta main contre la mienne, suis le mouvement et participe au mouvement ! » et en déplacant la main, on peut obtenir une coopération. Alors, ça a l’air simple, voire simpliste, mais, parfois, les clients sont dans un tel isolement qu’ils ont perdu toute capacité à entrer en relation avec un autre. Alors, avec ces exercices physiques au bout d’une quinzaine de minutes, on peut commencer à apercevoir que l’alliance augmente et qu’on obtient une coopération du client.
Ces deux éléments : contact et alliance sont particulièrement importants pour faire tout progrès dans une session. Il n’y a pas de contact, pas d’alliance entre le client et le thérapeute, il n’y a pas de progrès possible.
Une grande partie de ce qui se passe dans le contact et l’alliance et du domaine non-verbal.
Le troisième point que je veux mettre comme aide, c’est la communication. Comme vous pouvez l’imaginer, la communication est l’outil principal des psychothérapies, comme en coaching, en analyse, en de nombreuses techniques. La clarification utilise également les outils de communication et c’est une manière pour la clarification d’appartenir au thérapies classiques.
Par contre, la clarification, qui est née dans les années 60, est plus jeune et peut-être plus adaptée à notre monde actuel que ne le sont les autres thérapies plus anciennes.
Il y a énormément à dire sur la communication et sur la manière d’encourager la communication, la relation, comment la communication peut aider dans le processus-progrès du client.
En général, lorsqu’un client rencontre un problème dans un domaine particulier de sa vie, dans ce domaine-là, sa communication devient de moins en moins bonne. Son niveau de communication baisse. Il a de la peine à s’exprimer au sujet de la zone touchée par le problème, il ne trouve pas ses expressions, il est timide à ce sujet, il se gêne. Tout le monde a des zones comme ça ou la communication est moins bonne, des zones particulières ou on a moins de facilité à s’exprimer.
Et c’est un fait scientifique de constater que, quand il y a un domaine sur lequel nous sommes incapables de parler, et bien, notre niveau d’intelligence à propos de ce domaine diminue. Par exemple, quand les gens ont à s’exprimer à propos de sexualité ou d’argent, ils peuvent rencontrer des difficultés à trouver les mots justes, les expressions appropriées. On peut constater que les gens changent de voix ou que des tensions physiques apparaissent. Mais, il peut y avoir des tas d’autres zones qui suscitent la difficulté d’expression.
Ce qui arrive dans la session de clarifications, c’est que le client apprend à s’exprimer de plus en plus à propos des différentes zones et il améliore sa capacité à communiquer sur tous les sujets. Et si on voulait simplifier un peu la description de la clarification, on pourrait dire qu’il y a quelque chose similaire à une experience médicale, c’est la technique du scanner. Ces différentes techniques de communication sont ; comme un scanner ; qui permettent d’explorer un peu toutes les zones présentées chez le client et de repérer comment elles fonctionnent, quel est l’univers du client.
Où est-ce qu’on regarde quand on entre dans le système d’un client ? Qu’est-ce que le scanner découvre ? Ce scanner découvre dans les zones, les tissus qui sont abîmés, les tumeurs, les cancers qui se déclarent dans telle ou telle zone. Et la clarification, elle découvre les zones ou il y a des blocages - des émotions qui ne circulent pas, qui ne s’expriment pas. Et une bonne aide pour le client, c’est de l’aider à se libérer des émotions gelées, des émotions bloquées, à décharger toutes ces zones émotionnellement chargées.
C’est une aide puissante quand un client peut laisser filer des émotions, laisser partir des émotions bloquées. Et une partie de l’entraînement du client, c’est d’apprendre à repérer chez lui-même ces zones qui sont chargées d’émotions bloquées, pas exprimées ; d’arriver à découvrir quelles sont ces zones, de pouvoir décharger ses emotions et de s’en libérer.
Ces émotions fortes et bloquées proviennent souvent d’événement du passé du client. Nous parlons ici d’entrer en contact avec des souvenirs traumatiques et de se libérer des émotions qui y sont attachées. Alors, qu’est-ce qui se passe après la décharge de ces émotions ? Pourquoi est-ce que c’est une aide pour le client ? L’aide survient à plusieurs niveaux. Nous nous sentons plus à l’aise, et plus confortables dans notre corps, nous respirons plus aisément, nous commençons à penser plus librement.
Et comme si ces émotions avaient bloqué notre créativité, notre inventivité, notre énergie vitale, parce que tous ces traumatismes, toutes ces émotions liées à des traumatismes ont tendance à écraser notre vie et à nous empêcher de vivre librement. Une des caractéristiques de l’esprit humain est que, lorsque nous rencontrons un traumatisme ou un choc qui entraîne des souffrances mentales et physiques (quand une émotion est tellement violente qu’elle provoque de la souffrance), notre mental ne peut pas rester neutre à ce sujet. Alors, notre mental fait la loi immédiatement, prend le pouvoir. Le mental décrète : « ça ne m’arrivera plus jamais, je ne réagirai plus jamais de la sorte, c’est une émotion que je ne veux plus jamais rencontrer ». Et il met une barrière très forte sur ce type d’émotions. C’est en quelque sorte, une façon de se protéger pour ne plus rencontrer des événements de cette nature parce que cette souffrance est intolérable.
Et alors, qu’est-ce qui se passe ? Vous commencez à limiter votre vie et à restreindre votre champ d’expérience. Vous commencez à détruire votre propre énergie vitale.
C’est une chose qui arrive très systèmatiquement dans les séances de clarification, c’est une sorte de moteur ou de chose répétitive dans les séances. Tout d’un coup, ça y est, on comprend et on augmente sa compréhension de sa propre vie.
L’étape suivante dans le processus de clarification c’est savoir quel est le problème, comprendre le problème.
Tous ceux qui m’écoutent la sont conscients de quels sont leurs problèmes et je les en félicite, parce qu’ils ont la capacité de comprendre où ils en sont.
Quand nous savons très précisement quels sont nos problèmes, il y a déjà une moitié de chemin parcourue. En général, au début d’une thérapie, le client ne sait pas du tout quel est son problème ou il en a une idée erronée. Et donc, en séance, durant le processus de libération des émotions, durant le processus de communication, on prend lentement conscience de quels sont nos problèmes et où est-ce qu’on en est dans la vie. Et quand on atteint ce niveau de prendre conscience quels sont nos problèmes, alors, on a déjà fait un bon pas en avant, c’est une très bonne base.
Le processus de clarification aide le client à comprendre comment appréhender un problème et bâtir un projet pour dépasser le problème. C’est un processus pas à pas, dont le client définit lui-même chaque pas. Chaque pas va l’aider à renverser les obstacles et à atteindre l’objectif.
Il s’agit beaucoup de découvrir comment transformer notre énergie et l’investir dans un projet. La clarification traite beaucoup du management, de la gestion économique de notre force vitale.
Nous ne nous sentons pas bien quand notre écologie intime, notre économie de l’énergie de vie est mal gérée parce qu’on ne se sent pas sur une ligne simple.
L’étape suivante est à propos d’objectif – savoir comment ou vers quel objectif je conduis ma vie. C’est par exemple « Quelle est ma mission dans la vie ? » « Quel est le sens de la vie ? » « Pourquoi est-ce que je suis né(e) ? » « Quels sont mes objectifs ? » « Pourquoi est-ce que je vis ? » « Comment est-ce que je peux avoir le sentiment d’accomplir quelque chose d’utile ? »
C’est une façon de découvrir ou d’acquérir la certitude que, quand on atteindra 80 ans, on pourra dire : « Oui, c’est moi qui vis ma vie, c’est ma vie que je vis, c’est celle-là que j’ai choisie. ». Et ne pas être tout d’un coup, à se demander : « Mais, quelle vie est-ce que j’ai vécue ? » « Qu’est-ce que j’ai fait de ma vie ? » « Qu’est-ce que j’ai réalisé ? »
C’est important, non, de savoir, quand on atteint 80 ans, quelle vie on a vécue, « est-ce que c’est vraiment ma vie, ou est-ce que je n’ai fait que m’adapter aux événements ? », suivre les poussées extérieures, la situation, la société. « Est-ce que c’est vraiment ma vie que j’ai réalisée ou est-ce que je n’ai fait que réagir ? »
Le point suivant est directement rattaché à cette question, c’est à propos de la honte et de la culpabilité. La honte et la culpabilité sont, en quelque sorte, on parle beaucoup de terrorisme de ces temps-ci, ils sont le terroriste intérieur. C’est le sabotage intérieur qui nous empêche de nous montrer dans notre plénitude tels que nous sommes vraiment. C’est étroitement lié à la responsabilité. C’est rattaché ou relié à notre peur de faire des erreurs et de blesser les autres. C’est en relation avec la vie sociale et l’éthique – qu’est-ce qui est juste de faire et qu’est-ce qui n’est pas juste de faire.
« Comment me retrouver dans ce chaos et savoir ce qui est juste pour moi ? »
C’est à propos de mon développement personnel, de ma liberté personnelle. L’éthique – c’est à propos de comment apprendre de nos propres erreurs, comment apprendre à corriger nos erreurs, à définir ce qui est juste et ce qui est faux. C’est prendre notre vie dans nos propres mains, en prendre la responsabilité et en assumer les conséquences.
Le client, quand il arrive à ce niveau-là, de se poser la question de la honte et de la culpabilité, généralement, il cesse de critiquer les autres.
Cette gradation, c’est des niveaux de réussite ou de progrès dans le cheminement thérapeutique. Au tout début, quand on arrive, on est dans l’idée « les autres m’ont mis dans cette situation, les autres m’ont fait ci et ça : mes parents, ma femme, mon mari, mon chef, m’ont fait ça et c’est à cause d’eux que je suis dans cette situation ». Quand le client progresse dans la thérapie et qu’il atteint le stade 8 (honte et culpabilité), tout d’un coup, il ralise qu’il est créateur de sa vie, que c’est lui qui fait sa vie. Et le client s’aperàoit alors qu’il y a beaucoup plus d’espace et de liberté à vivre qu’il ne se l’était imaginé auparavant. Il découvre qu’il y a quantité de choix à faire, de choix possibles et d’espaces à explorer.
Un autre aspect qu’il est bon de voir également en clarification, c’est l’aspect que nous appelons « les attitudes figées ». Là, il s’agit de traiter, de négocier avec certains aspects particuliers de notre caractère. Alors, quand on est nés, on a commencé à découvrir ce qu’était la vie et essayé d’appréhender ce qu’elle était et comment ça fonctionne, comment est-ce qu’on gère une vie. Beaucoup d’attitudes figées sont issues, sont le résultat d’expériences douloureuses. Nous avons été punis par expemple, nous avons rencontré des douleurs physiques, morales, nous avons appris à nous comporter de telle manière et pas telle autre et nous avons forgé des attitudes, des points de vue sur la vie. On a commencé très, très rapidement, très jeunes dans notre vie à faire du commerce. On a vendu une part de notre liberté contre de la tranquilité. Et quand la vie a continué, nous avons bradé, vendu des plus en plus de notre liberté pour essayer de naviguer dans la vie en paix, confortablement. Et la vie passant, on va s’apercevoir que ce business ne fonctionne pas et qu’il faut absolument récupérer sa liberté.
(Merci de votre attention, si vous avez quelques questions… ?
Une dame : Alors, je suis bilingue, donc, je vais vous poser la question en français d’abord et après en anglais. Je voulais savoir combien de temps prenait ce processus et comment ça se faisait si c’était des séances avec le thérapeute et à quelle longueur ?
Desimir : Bien entendu, ces séances sont individuelles, la durée dépend de la nature des choses dont le client a besoin de travailler – c’est un problème, c’est court, d’autres choses, c’est plus long. Si je voulais parler de façon générale, comparativement, parce que la clarification est plus tardive, arrivée plus tardivement sur le marché, le champ des thérapies, les années 60, les techniques du moment, le langage du moment, le concept du moment font que la clarification est plus rapide globalement que la plupart d’autres thérapies.)
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